• Naissance du Docteur Troll •
WE prolongé dans le Vercors.
Pour assister à l'heureux événement, les Doubistes partent de leur forêt pile à l'heure, à 9h. Euh, non, à 10h30.
Forcément, l'arrivée se voit amputée de la marge de sécurité permettant de manger et de ne pas déranger le déroulement de la soutenance. Pour le contenu de la-dite soutenance, merci de voir le mail de Lara, qui a remarquablement résumé la situation.
Bref après quelques péripéties, quelques retrouvailles, et une dégustation de premier choix sur les lieux du crime (hmmm, les macarons, ... émotions),


(Note de l'illustrateur: ma meilleur illustration de macaron !)

départ en formation de type "article 22".

Interlude explicatif
la CNPK (Commission Nain Porte Koi) possède une charte, composée d'un seul article, le n°22, qui stipule que l'organisation de chaque événement doit répondre au concept du "plus grand bordel possible", en comptant sur l'autonomie complète et la bonne volonté de chacun.
Par exemple, pour organiser le nouvel an 2006/2007 sous terre, ça donne ça :
"- rendez vous chez Manu des Bois au pire à telle date telle heure, avec des affaires pour ne pas avoir froid, et qui ne craignent rien, pour 2 jours.
-Le reste sera vu sur place."
Et c'était trop de la balle grave de sa mère : personne n'est resté coincé, Laure a pu dormir sans ronflement, Thomas a signé une colocation à durée indéterminée, la soupe à l'oignon a sauté dans le puits, et les bébés dans les ventres des mamans sont sortis sans encombre 6 mois plus tard. Bien, donc.
Fin de l'interlude.

L'arrivée au gîte perdu au fond du trou du c*l du Vercors Sud se fait en ordre dispersé le jeudi soir... L'installation et la préparation du repas se déroulent en quelques coups de cuillers à pot, et les langues se délient, la tartiflette possédant de puissantes vertus aphrodisiaques (c'est les lardons, non ?).



Les rencontres se tissent, les sourires et les prénoms s'échangent petit à petit ; le tout sur une trame d'humour absurde joliment tricotée par Laure, bien épaulée par Vincent et Marco.


Passée une certaine heure, dans certaines soirées, on danse. Là, non.
On a juste joué à saute-mouton avec des tables sans toucher le sol, ou encore simulé des accouchements sous chaises, ou à travers un vaissellier. Les photos des exploits ne devraient pas tarder à circuler.
Quand on vous dit CNPK, on sait de quoi il retourne. De n'importe quoi.









Avant de filer au dodo, on se dit quand même qu'il faudrait faire 2 ou 3 courses le lendemain, et enchaîner avec une petite sortie...
La matinée s'annonce compliquée car le new-born-Doctor doit ramener un écossais égaré, les horaires partent en eau de boudin, ceux qui connaissent déjà la sortie prévue ne sont pas dans l'équipe qui attaque le départ... Article 22, donc.
Ou comment transformer une bonne sortie loose en bonne journée tout court.
Le but du petit groupe est de parcourir une via cordata située dans les falaises au-dessus des grottes de Choranche, terminée par un beau rappel de 40 m plein gaz. Le site est splendide, avec la cascade du moulin-marquis en face (env 300 m), la grotte-résurgence de Gournier, celle de Coufin-Chevaline, le surplomb menant aux falaises de Presles... Le Vercors grandiose !
Départ vers 10h -bon 11h, ok- sous la brume et les nuages. Nous ne verrons donc rien. Le premier convoi (Laure, Soisic, Annaëlle, Aurélie, Marco, Vincent, Matthieu, et Manu) sera rejoint par "les autres", en fonction de leur avancement, motivation, etc.



L'arrivée au pied des falaises est toujours nuageuse, l'équipement de chacun et la répartition du matériel de progression se fait en 15 minutes, en incluant quelques vérifications de sécurité.
L'équipe progressera corde tendue à 5 m, avec Marco et Manu à chacune des extrémités pour assurer la progression d'Aurélie, Matthew et Vincent, moins habitués aux manip' et bricolages nécessaires à ce type de progression "nature".
C'est enfin parti vers 12h30. La montée s'engage sous les arbustes humides, direction les falaises calcaires de mon cher Vercors. Je retrouve un plaisir rare à écarter les branches de buis, à sentir presque la masse de pierre au-dessus de mon casque, avec qui il va falloir composer aujourd'hui. La discussion sera intéressante avec un rocher détrempé, fracturé comme je le connais, et sans aucune certitude sur le cheminement, ni sur la localisation du départ...
Info du Big Troll : "Vers les voies d'escalades, il y a une corniche après quelques pas d'escalade tout simples, qui se termine par un super rappel de 40 m. Tu peux pas la louper !" Confiant, nous arrivons au pied de la masse rocheuse, et une belle corniche nous invite après quelques pas d'escalade pas difficiles... Ca vous rappelle quelque chose ? On s'engage donc après un rappel des techniques de sécurité et de la méthode de progression.





Les 25 mètres de grimpe pour accéder à la corniche sont "amusants" sur un rocher patiné, fracturé et trempé ! Heureusement, l'équipement de type via ferrata en place permet, à défaut de me la jouer puriste, d'avancer vite et efficacement. Au relais, je sépare mes 2 brins de cordes pour faire monter les collègues en second, 2 en même temps. Les choses avancent bien, Aurélie et Mathieu mes rejoignent, puis Vincent et enfin Marc.



Tous réunis sur une belle corniche, on s'encorde comme convenu, avec déjà pas mal de sourires d'être déjà là, ensemble après un premier obstacle franchi. Il faut dire qu'à 5 au relais, l'ambiance monte d'un cran et les manip' de franchissements obligent à des rapprochements sympathiques, quoique coquins parfois. Aurélie commence très fort avec Matthew (désolé, par de photo, mais c'était chaud) ; heureusement Marc arrive vite pour rattraper une situation qui dérapait hors des sentiers battus de la décence.
La progression horizontale est facile, mais parfois surprenante avec des dalles bien glissantes. Les ancrages ("de belles broches en inox, tu verras !") sont quasi-inexistants. De loin en loin, nous trouvons une belle tige filetée, sans plaquette. Cool.
Alors on bricole avec des arbustes, des bouts de rochers, on s'encourage ! Nous avons tous la certitude que le Troll avait pris des stupéfiants le jour où il avait pratiqué cette voie. Nous ne reconnaissons rien, mais on avance, CNPK oblige.
Nous finissons par arriver au-dessus des grottes touristiques de Choranche, et arrêtons la progression avant de passer sous une cascade bien glissante. Personne ne voit où pourrait se situer ce fameux rappel de 40 m...
Le froid commence à glisser ses mains sous les vêtements d'Aurélie, et l'humidité nous commande de revenir dare-dare d'où nous venons. On se réjouit tous de redescendre en rappel au moins les 25 m sub-verticaux du début de notre progression. Vincent nous gratifie ponctuellement d'une vanne terrible, inracontable, qui jure drôlement avec sa réserve -feinte ?- Après la pose d'un beau rappel débrayable comme à l'école, ainsi qu'un exposé succint des techniques de descente et de la posture adéquate, chacun s'engage dans le vide. Marc contre-assure tout le monde d'en bas. J'ai goûté à nouveau à la joie simple de voir des amis prendre leur adrénaline à pleine main, sentir leur descente et d'avaler le vide derrière eux.



Ma descente sera brève, mais intense, avec des bonds de géant contre la paroi... jouissance de la corde entre les doigts, de l'air tout autour qui siffle dans les oreilles. Quelques secondes de "délicieuse incertitude" arrachée au sens commun.
Il est tard (15h), Soisic, Laure et le Troll nous attendent, les autres ont préféré aller faire un tour au musée de l'Eau. On se jette sur le pic-nic pantagruélique du Troll, qui nous explique que la voie était en fait beaucoup plus à droite... Tant pis, c'était bien, et on reviendra. C'est déjà l'heure du départ pour les Doubistes qui enchaînent avec un WE en Alsace.
On serait bien resté pour profiter de ces amitiés toutes neuves, des plus anciennes à consolider... mais on garde tout cela bien au chaud pour une prochaine fois ; j'espère dans pas trop longtemps. en effet, les distances géographiques ne sont pas insurmontables, et les occasions se fabriquent aisément quand on en redemande. En tous cas, nous, on veut bien revenir passer des thèses avec vous !

Merci encore à Mister Simon pour avoir permis ces beaux moments.

Manu des Bois